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Consensus Octobre 2017

 
Le Consensus de BSI Economics réalise un sondage auprès d’un panel d’économistes évoluant en France, à l’international et pour des structures publiques, privées, institutionnelles et académiques. Le consensus interroge ces spécialistes sur les problématiques économiques et financières pour identifier les enjeux des prochains mois.
 
 
 
Nous remercions l’ensemble des économistes, stratégistes et universitaires pour leur participation au Consensus depuis son lancement : Marie Owens Thomsen (Chef Economiste, CA-Indosuez Wealth Management), Adrien Pichoud (Chef Economiste, SYZ Asset Management), Sébastien Barbé (Responsable Stratégie Marchés Emergents Crédit Agricole CIB), Didier Borowski (Responsable Macroéconomie, Amundi Asset Management), Philippe Waechter (Natixis A.M.), Julien Marcilly (Chef Economiste, Coface), Olivier Chelma (Chef Economiste, Afep), Christopher Dembik (Responsable Groupe de la Recherche Economique, Saxo Bank), Arthur Jurus (Economiste Stratégiste, Mirabaud Asset Management), Anna Sienkiewicz (Economiste, Crédit Agricole S.A.), Paul Chollet (Economiste, Crédit Mutuel Arkéa), Jézabel Couppey-Soubeyran (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Martine Carre-Tallon (Professeur, Université Paris Dauphine, PSL), Sabrina El Kasmi, Victor Lequillerier (Economistes, BPIfrance), Mourtaza Asad-Syed (Directeur des investissements, Yomoni), Julien Moussavi (Responsable Etudes Economiques, Beyond Ratings), Charles Bonati (DFCG). Ainsi que des économistes des institutions suivantes dont le nom ne peut être communiqué : AFSE, AMF, AXA AM, BNP Paribas, Caisse des Dépôts, CEPII, CERDI, China Economy Podcast, Coe Rexecode, Commission Européenne, Direction Générale du Trésor, Engie, Euler Hermes, Groupe Alpha, IEDOM, Johns Hopkins University, Natixis, OCDE, Oxford Economics, Peterson Institute for International Economics, Science po Toulouse, Société Générale, TAC Economics, TSE et Xerfi.
 
Les opinions exprimées par les professionnels interrogés sont personnelles et ne reflètent pas celles de leur institution. Le résultat présenté par ce consensus est issu d’une agrégation des vues de chaque expert : la vue présentée ne saurait représenter les convictions de chaque expert pris séparément.
 
 

Consensus BSI Economics Octobre 2017 :

 

 

LES PREOCCUPATIONS DU CONSENSUS

Ce troisième Consensus de l’année 2017 s’inscrit dans la continuité du précédent numéro : des convictions peu marquées et des incertitudes, tandis que peu d’évènements présentent une probabilité de réalisation élevée. En Europe, l’optimisme est au rendez-vous, notamment en France, ce qui pourrait impliquer une normalisation de la politique monétaire en Zone euro dès 2018. Un regain d’optimisme qui contraste jusqu’à maintenant avec l’évolution récente de l’euro vis-à-vis du dollar (USD). Aux Etats-Unis, l’action de la Fed continuera de jouer un rôle déterminant sur l’économie américaine, tandis qu’un prochain assouplissement fiscal par l’administration américaine pourrait rassurer les marchés sur les perspectives de bénéfices des entreprises. Dans le même temps, l’appétit des investisseurs pour les marchés émergents contribue au renforcement des devises émergentes face à l’USD, alors même qu’un scénario opposé était plutôt anticipé en début d’année. La croissance de la demande chinoise soutient positivement la croissance des pays émergents. Cependant, la vigilance reste de mise : les prix des matières premières, notamment du pétrole, ne devraient que faiblement progresser tandis qu’un ralentissement chinois n’est pas un scénario exclu.

 

1/ OPTIMISME À MOYEN TERME

EN France Les perspectives de moyen terme s’améliorent pour l‘hexagone. En effet, à la question portant sur les effets à venir de la réforme du marché du travail, près de 80 % des sondés ont répondu par l’affirmative. A plus long terme, l’organisation des Jeux Olympiques à Paris en 2024 pourrait être une source d’opportunités économiques pour plus de 80 % des sondés. Même si pour ces deux questions, environ 9 économistes sur 10 (resp. 3 sur 4) n’envisagent qu’un très faible impact sur l’économie mondiale (resp. sur l’allocation d’actifs). Un vent d’optimisme semble donc actuellement souffler sur la France depuis l’élection du Président E. Macron, mais il est important que les données réelles suivent l’effet de confiance pour pérenniser la reprise actuelle.

 

2/ LA ZONE EURO DANS UNE NOUVELLE ÈRE ?

Début 2018, la politique monétaire de la zone euro devrait entrer dans un territoire inconnu pour plus de 80 % des sondés. En effet, la Banque centrale européenne (BCE) entamerait son tapering qui devrait durer sur l’ensemble de 2018. De plus, les impacts associés sur l’économie mondiale et l’allocation d’actifs devraient être observés pour plus de 90 % des économistes interrogés. Il est probable qu’une partie des actifs des fonds monétaires en euros soit impactée par les premiers signes de normalisation monétaire donnés par la BCE. L’enjeu portera sur la capacité de la banque centrale à réduire graduellement ses rachats nets d’actifs tout en contenant le durcissement des conditions financières non désirés par les membres de son directoire. Si près de 3 économistes sur 4 jugent probable de voir l’euro grimper de nouveau et rester au-dessus de 1,20 USD, la dépréciation récente de l’euro reste néanmoins un facteur positif pour permettre une hausse de l’inflation, ce qui faciliterait la conduite de la politique monétaire de la BCE.

 

3/ UN EFFET TRUMP LIMITÉ SUR L’ACTIVITE AMERICAINE MAIS UN EFFET FED

Les attentes aux Etats-Unis en termes d’assouplissement fiscal, en réaction à l’élection de D. Trump, restent toujours élevées avec des risques à la baisse de révision de la croissance des bénéfices des entreprises en cas de report d’une décision, alimentant dès lors l’incertitude. La probabilité d’assister à un assouplissement fiscal d’ici la fin d’année ne convainc que 23 % des économistes du Consensus et la majorité d’entre eux l’estiment comme seulement moyenne. Ces déceptions pourraient provoquer une révision des perspectives de croissance des bénéfices des entreprises et donc une baisse des performances des actions américaines au second semestre 2017 par rapport au premier semestre. Si un tel évènement aurait un impact significatif sur l’allocation d’actifs (avec des réallocations vers l’Europe, les émergents ou le Japon), seulement 56 % des spécialistes interrogés considèrent la probabilité d’un tel scénario comme moyennement probable et seulement 19 % comme fortement probable. Si la date de la prochaine remontée des taux d’intérêt par la Fed laisse encore planer quelque s doute s, le démarrage de la réduction du bilan de la Fed devrait mener à une remontée des taux longs selon 50 % des sondés. Ils sont également 62 % à considérer cet évènement comme ayant un impact significatif sur le prix des actifs.

 

4/ DOUTES PERSISTANTS SUR LA CROISSANCE CHINOISE

En Chine, les prévisions d’octobre du FMI tablent sur une croissance du PIB de 6,8 % en 2017, en raison de l’impact positif sur l’activité du policy mix (stimulus budgétaire et politique monétaire accommodante). C’est notamment le cas pour les chiffres de la demande, qui s’avèrent bien plus dynamique s qu’anticipé. Cependant, 52 % du Consensus estime comme moyenne la probabilité d’observer une croissance chinois e inférieure à 6,5 % en 2017 et 25 % considère cette probabilité comme élevée. En effet, le fort niveau d’endettement public suscite des interrogations quant aux marges de manœuvre du gouvernement chinois. Par ailleurs, les difficultés rencontrées par les autorités monétaires pour enrayer la progression du crédit bancaire, sans accroitre davantage le shadow banking , laissent peser de sérieux doutes sur les objectifs fixés en termes de stabilité financière. Enfin, l a présence de surcapacités de production et les aléas dus au marché de l’immobilier son t également des facteurs incitant à la prudence sur les chiffres de la croissance chinoise. Un ralentissement de l’activité économique en Chine aurait ainsi un impact sur la croissance mondiale pour 96 % des sondés. Un tel scénario serait préjudiciable pour les pays émergents , particulièrement en Asie du sud -est.

 

5/ PAYS ÉMERGENTS, ENTRE RÉSILIENCE ET VIGILANCE

Une majorité des économistes sondés (55 %) pense que les devises émergentes resteront résilientes sur l’ensemble de l’année 2017 contre seulement une très faible minorité (10 %), qui estime comme faible la probabilité d’un tel évènement. Ce résultat semble en accord avec les données des trois premiers trimestres de l’année 2017, où la plupart des devises émergents ont eu tendance à s’apprécier face à l’USD. Portées par une demande extérieure vigoureuse (en provenance des pays développés et de Chine) et par une reprise modérée des prix des matières premières, les perspectives de croissance sont favorables pour 2017, notamment en Amérique du Sud (sortie de récession au Brésil et en Argentine). La modération de l’inflation dans la plupart des pays et la résilience de leur devise ont permis de desserrer les conditions de financement, favorable au soutien de l’activité. Cependant, même si la plupart des pays émergents ont enregistré des flux de capitaux nets positifs au premier semestre 2017, ces derniers étaient essentiellement constitués d’investissements de portefeuille, soit des flux de court terme, volatils, et particulièrement sensibles aux variations des taux américains. Cet engouement pour les dettes émergentes laisse d’ailleurs craindre un endettement excessif des pays africains, pouvant les mener à terme à une nouvelle crise de la dette (probabilité moyenne pour 56 % du Consensus). Par ailleurs, la croissance de plusieurs pays repose encore sur des fondamentaux fragiles (Turquie, Afrique du Sud) ou pourraient être menacés par des tensions géopolitiques. En cas de hausse de ces tensions, aucun consensus ne se dégage ici quant à un impact à la hausse sur les prix des matières premières. Mais si cela devait se produire, 51 % des experts estiment que cela aurait un impact significatif sur la croissance mondiale.

 

Consensus BSI Economics Octobre 2017 :

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